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e c, , 1, c 1.2

L'absence, dont vous dites tant de mal, n'a donc pas eu son influence
habituelle sur vous. Vous vous plaignez de l'absence - que devrai-je dire
moi, si j'osais me plaindre, prive de tous ceux qui me sont chers? Ah l si
nous n'avions pas la religion pour nous consoler, la vie serait bien triste.
Pourquoi me supposez-vous un regard svre, quand vous me parlez de votre
affection pour le jeune homme? Sous ce rapport je ne suis rigide que pour
moi. Je comprends ces sentiments chez les autres et si je ne puis approuver
ne les ayant jamais ressentis, je ne les condamiene pas. Me parat seulement
que l'amour chrtien, l'amour du prochain, l'amour pour ses ennemis est plus
mritoire, plus doux et plus beau, que ne le sont les sentiments que peuvent
inspire les beaux yeux d'un jeune homme une jeune fille potique et
aimante comme vous.
"La nouvelle de la mort du comte e nous est parvenue avant votre
lettre, et mon pre en a t trs affect. Il dit que c'tait
avant-derienier reprsentant du grand sicle, et qu' prsent c'est son
tour; mais qu'il fera son possible pour que son tour vienne le plus tard
possible. Que Dieu nous garde de ce terrible malheur! Je ne puis partager
votre opinion sur Pierre que j'ai connu enfant. Il me paraissait toujours
avoir un coeur excellent, et c'est la qualit que j'estime le plus dans les
gens. Quant son hritage et au rle qu'y a jou le prince Basile, c'est
bien triste pour tous les deux. Ah! chre amie, la parole de notre divin
Sauveur qu'il est plus ais un hameau de passer par le trou d'une
aiguille, qu'il ne l'est un riche d'entrer dans le royaume de Dieu, cette
parole est terriblement vraie; je plains le prince Basile et je regrette
encore davantage Pierre. Si jeune et accabl de cette richesse, que de
tentations n'aura-t-il pas subir! Si on me demandait ce que je dsirerais
le plus au monde, ce serait d'tre plus pauvre que le plus pauvre des
mendiants. Mille grces, chre amie, pour l'ouvrage que vous m'envoyez, et
qui fait si grande fureur chez vous. Cependant, puisque vous me dites qu'au
milieu de plusurs bonnes choses il y en a d'autres que la faible conception
humaine ne peut atteindre, il me parat assez inutile de s'occuper d'une
lecture inintelligible, qui par l mme ne pourrait tre d'aucun fruit. Je
n'ai jamais pu comprendre la passion qu'ont certaines personnes de
s'embrouiller l'entendement, en s'attachant des livres mystiques, qui
n'lvent que des doutes dans leurs esprits, exaltant leur imagination et
leur donnent un caractre d'exagration tout--fait contraire la
simplicit chrtnne. Lisons les Aptres et l'Evangile. Ne cherchons pas
pntrer ce que ceux-l renferment de mystrux, car, comment oserions-nous,
misrables pcheurs que nous sommes, prtendre nous initier dans les
secrets terribles et sacrs de la Providence, tant que nous portons cette
dpouille charienelle, qui lve entre nous et l'Eterienel un voile
impntrable? Borienons-nous donc tudr les principes sublimes que notre
divin Sauveur nous a laiss pour notre conduite ici-bas; cherchons nous y
conformer et les suivre, persuadons-nous que moins nous donnons d'essor
notre faible esprit humain et plus il est agrable Dieu, Qui rejette toute
science ne venant pas de Lui;que moins nous cherchons approfondir ce qu'il
Lui a plu de drober notre connaissance,et plutt II nous en accordera la
dcouverte par Son divin esprit.

   

2006-2009